Pierre-Yves Guyonnet et son club de Pau, nous proposent :

Dégustation du 17 fevrier 2001

Les Sauvignons Ligériens

Deuxième rassemblement après les Madirans 98 ou « dans le Sud Ouest y'a pas que le Maïs qui pousse, y'a aussi des vignes ! », le thème proposé était Les Sauvignons ligériens ou « A la recherche de l'arôme de pipi de chat perdu ».

LES PARTICIPANTS : Jacques Prandi (JP), Yves Poilblan (YP), Madeleine Duboë (MD), François Mériaux (FM), Véronique Mériaux (VM), Marie-Laure Bossé (MLB), Jean-François Le-Roch (JFL), Stéphane (S), Eric Zuckmeyer (EZ), Marion Zuckmeyer (MZ), Laurent Gervat (LG), Marc Houtin (MH), Pierre-Yves Guyonnet (PYG).

Nous nous étions donnés rendez-vous chez les Bossé-Guyonnet pour cette deuxième étape.

Ci-après notes diverses et variées prises aux vols d'une soirée bien agréable…

1 - Doté d'une robe jaune pâle, le vin numéro 1 pâtit d'un nez manquant de netteté, « et un et deux et trois… nez » enchérissait même MD. Une forte odeur de réduction voir d' « évolution » S laissait place péniblement à l'aération à des notes végétales. L'attaque bien que « grasse »JFL manquait de puissance MH. Une pointe de volatile n'atténuait pas le coté « croquage d'une Grany Smith » YP en fin de bouche.

CHAVIGNOL 1993 du domaine Cotat : (*) « J'aurai pas du mettre cette bouteille dans l'aquarium du fiston, maintenant il pue le poisson ! »JP

2 - La robe jaune or de ce vin était certainement la plus intense de toute la série. Au nez, le miel, la cire d'abeille, ou encore le coté mentholé et anisé constituaient une belle et harmonieuse palette aromatique LG. L'attaque en bouche franche et florale S, soutenue par un boisé bien fondu PYG se révélait être à la hauteur de la suite, notamment d'une finale longue et bien équilibrée.

VDP Sauvignon, Château de Surronde 1998 : **** «Et en plus l'étiquette est magnifique »MLB

3 - Ce n'est pas tant la couleur de ce troisième vin, jaune pâle, qui suscita l'envolée des discussions mais bien les arômes : Abricot, pamplemousse pour certains PYG, pain grillé pour d'autres MLB, voir encore herbacé (foin) MH et puis, 'the question', arôme fermentaire ou pas ? ? ? ? D'une attaque en bouche consistante, sa trame acide se trouvait être bien présente et généreuse.

SANCERRE, Célier de la Pauline, Cuvée la Pauline 1998 : **(*) « Et les arômes fermentaires dans tout ça hein ? »LG

4 - La robe jaune pâle à reflets métalliques ne dénotait pas des autres vins préalablement dégustés, même si certains soulignaient à juste titre « on voit rien ici, ah ça oui, on déguste vraiment à l'aveugle ! ».. Le nez se rapprochait « du verni à ongle n°3 de Gemey »MD voir de « la pierre à feu »FM, ou encore de « l'herbe fraîchement coupée par un beau matin de Printemps »S. Du gras, et de la volatile MH, une bonne longueur en bouche marquaient ce vin certainement jeune JP.

TOURAINE « M » de Marionnet 2000 : ** « Elu meilleur Sauvignon du monde au cours d'Olympiade 1990 organisé par Gault et Millau »PYG

5 - La robe de ce cinquième vin tirait plus vers le jaune miel. Au nez, des notes de fruits secs telles la noisette et l'amande LG, le pain grillé ML, les arômes fumés FM donnaient à ce breuvage toute sa complexité MH. Une bouche toute en finesse avec une persistance et un équilibre rares se finissait sur un boisé bien maîtrisé.

SANCERRE, Cuvée Edmond 1999, Alphonse Mellot : ****(*) « Ah oui, pour ça il mellot à la bouche »YP.

6 - « Dans la famille Pierre à Feu, je voudrai l'arrière grand-père » JFL, et c'est vrai que le nez de celui-ci avait un coté « très vieux bouchon pourri ayant trempé dans les arômes fermentaires »LG la bouche se révélait être du même tonneau, soit « vinaigré »MH, « c'est les Zuckmeyer qui l'ont saboté ! »YP

SAUVIGNON DE SAINT BRIS, Goisot 1999 (-) « POUAH !, je viens de goûter la sauce à huître, qui m'a fait cette blague douteuse ? ? ? »FM

7 Le nez de ce vin surpris l'assemblée par ses notes de fruits blancs tels la poire S et le pamplemousse JFL, le coing MH et la finale mentholée PYG, en bouche, le gras en attaque laissait la place à une belle texture se terminant sur le pamplemousse. Bel équilibre finalement qui n'a pas convaincu l'ensemble de l'assemblée avec comme point d'orgue « ce vin c'est la naphtalène au nez, le médicament en bouche »MD 

SANCERRE, Cuvée Génération XIX 1998, Alphonse Mellot : ***(*) « C'est sympa »S, « c'est ce que j'ai mis »JFL

8 De couleur « Albumine »EZ ce vin exprimait au nez des notes torréfiées MLB, avec une prédominance de « solvant »JP. En bouche, des notes florales venaient soutenir un boisé bien présent MH.

TOURAINE, Cuvée Etoile 1999, Domaine Delaunay : ** « Là, j'ai mis complexe, c'est ce que je met toujours au numéro 8 ! »FM

9 D'une robe « chair de poule »EZ (décidément doté d'une palette de couleur très imagée !), le nez de ce vin s'avérait être complexe FM : caramel, algue MH, pipi de renard LG, un peu bestial JFL. En bouche, c'est « tout feu tout flamme »JP, un rien déséquilibré MH, et hilarant pour FM, MD et YP.

SAUVIGNON DE SAINT BRIS, Goisot (l'autre LG) 1996 : ** « J'entends le loup le renard et la belette » fredonne PYG

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

Ordre d'arrivée des concurrents, en vous rappelant que le 6, victime d'une gastro entérite est non partant.

N°7 : 3 avec 2 troisième place
N°6 : 1 avec 1 première place (FM pour ne pas le citer J)
N°5 : 8 avec 2 deuxième place, 1 troisième place
N°4 : 2 avec 2 deuxième place, 1 première place
N°3 : 7 avec 3 troisième place, 2 deuxième place
N°2 : 9 avec 2 troisième place, 2 deuxième place, 3 première place
N°1 : 5 avec 2 troisième place, 2 deuxième place, 5 première place.

Commentaire tout à fait personnel : Exercice très difficile AMHA que de déguster des vins blancs jeunes, le résultat de cette dégustation le montre. Tous les vins proposés sont des vins de domaines reconnus et issus de cuvées prestiges : faible rendement, élevage et vinif en fût de chêne souvent neuf, le viticulteur cherche à faire en petite quantité des vins haut de gamme, expression d'un terroir, référence sur plusieurs années. Il n'est donc pas étonnant de voir des vins « prêts à boire » arriver en tête du classement. Si la dégustation à l'aveugle est le bon choix, on est trop influencé à qq niveaux que ce soit par l'étiquette, les revues, les cavistes ou même par les copains, si elle est impitoyable, elle ne doit pas nous faire trancher trop vite sur la qualité du vin. Une Coulée de Serrant 1999, une cuvée Silex de chez Dagueneau 1998, un Beaucastel blanc 1997 ne s'exprimeront peut être pas dans l'instant mais dans le temps acquériront toutes leurs lettres de noblesse. Tout ceci pour rassurer finalement YP d'avoir fait le bon choix d'acheter une palette de Génération 99 ! et puis d'abord je le sais, j'ai eu le bac avec mention très bien à l'école d'humilité J, tout comme LG et S d'ailleurs mes professeurs !

DEUXIEME PARTIE : SURPRISE PARTY

10 Le nez exhalait des senteurs de litchis MH, de légumes cuits, artichauts PYG, et autre asperge JP. La bouche était bien équilibrée soutenue par une bonne acidité.

Sur l'étiquette est notée la chose suivante : « Charles Guerbois, propriétaire récoltant à Chemery, Loire&Cher, vous déconseille de consommer ce vin de table avec des huitres ! En effet étant élaboré à partir de raisins surmaturés, ce vin contient du sucre naturel non fermenté »

VIN DE TABLE « 13+4 » Charles Guerbois *** « Les Français mangent avec ça des huitres, quelle horreur ! ! ! ! »MD

11 La robe de cet avant dernier vin était jaune paille tirant vers l'or. Si MH pensait déceler des notes iodées, MD était plus terre à terre en se demandant si le viticulteur pratiquait « la polyculture » ! Une attaque particulièrement ample et généreuse, une acidité « qui va bien »YP et une finale toute en finesse font de ce vin, un vin particulièrement réussi.

VDP Sauvignon 1999, Domaine de la Charmeresse, Van Ettingen **** « On s'arrête là ?» MLB

12 Si les onze vins précédents présentaient des robes à tendance jaune, ce dernier vin tirait franchement sur le condensat. Un vin de Saint Valentin s'enflammait FM, qui exprimait non pas ce qu'est le blues (Johnny H) mais bien des notes de tabac, de thé et de cuir MH voir la charentaise étroite YP qui devra nous donner un bon de commande de son fournisseur. En bouche, ce vin tout en rondeur et en souplesse « caudalisait » généreusement.

SAUTERNES 1er CRU, Château Guiraud 1995 ***(*) « Et y sont où, et y sont où et y sont où les arômes FER-MEN-TAIRES »LG

Enfin et pour finir, un petit RHUM PAILLE JM, « Oh, celui-là même que nous avons dégusté avec Georges W le soir de mon anniversaire au Hilton Palace »MD. « La vache, c'est fort pour du Sauvignon »FM

CONCLUSION :
Le Sauvignon c'est bon mais c'est acide quand c'est jeune !

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Réalisation Stéphane Poulart . Mise à jour 26.02.2001